Voici la fin, j'espère qu'il n' y a pas trop de contre-sens!!!
Ce groupe n’est pas tombé du ciel, comment vous êtes vous rencontrés ?
Manfred m’a invité et nous avons écouté de nombreux disques pour réfléchir ensemble aux musiciens qui pourraient faire cet album. J’ai dit que je voulais absolument Jan Garbarek, car nous avions joué ces dix dernières années ensemble sur 5 albums, et nous avons beaucoup tourné ensemble. Je le connais et je voulais l’avoir sur mon disque. Mais je voulais aussi un trompettiste. Nous avons écouté de nombreux disques, sans pouvoir se mettre d’accord sur un trompettiste, et je suis rentré pour une semaine à Paris, pour y réfléchir. Finalement, je me suis décidé pour Tomasz Stanko. J’aime son son. Par lui, j’ai trouvé le bassiste et le pianiste. J’ai pensé que si nous avions 3 musiciens dans la session qui se connaissaient bien, nous gagnerions beaucoup de temps. C’était pareil pour Jan et moi. Manfred a trouvé que cette association était convaincante, car Tomasz et Jan n’avaient encore jamais joué ensemble. Nous avons eu une certaine tension en studio, mais nous n’avons pas eu besoin de longues semaines pour enregistrer notre musique. En trois jours, tout était dans la boite. J’avais au départ un son dans la tête qui a emporté les musiciens.
Tu as 4 musiciens avec des styles musicaux propres et affirmés, comment as-tu fait pour leur imposer qu’ils jouent ta musique et non la leur ?
Ma façon de jouer de la batterie les conduisait tous les 4 dans une direction définie. Et en plus j’avais des démos. Je me souviens d’une anecdote lors de la session, lorsque Tomasz est venu me voir pour écouter la démo. J’ai demandé pourquoi il ne voulait pas tout simplement jouer les notes, mais il s’est obstiné à vouloir écouter la démo car il voulait rester le plus fidèle possible à mon idée et parce qu’il trouvait mes morceaux complètement différents de ce qu’il joue en temps normal. J’ai proposé à Marcin de réarranger quelques parties de piano, car il est un bien meilleur pianiste que moi. Plus tard, j’ai trouvé, qu’il n’avait pas atteint l’objectif que je visais et j’ai discuté des arrangements avec lui. Il était très ouvert et voulait s’attacher à coller au plus près de mes propositions.
La chimie de ce groupe est très intéressante. Tu as deux icônes du jazz européen et deux des plus importants nouveaux venus. Comment as-tu fait de cela un groupe organisé?
Le titre de l’album est « Neighbourhood ». Ce n’est pas seulement un titre que j’avais imaginé comme ça, mais il a une signification profonde pour moi. Après la deuxième guerre mondiale, la France, l’Allemagne et beaucoup d’autres pays européens ont été dominés par le jazz américain. Entre-temps la scène européenne a acquis un son vraiment unique, même si les musiciens viennent de Pologne, de Norvège, de France, d’Allemagne de Serbie ou de Macédoine. Nous sommes tous voisins. La raison pour laquelle notre Jazz sonne de façon si semblable est liée à notre origine commune. Et c’est une musique classique. Nous assemblons sûrement la musique de manière différente, mais le principe originel est encore partout le Classique. J’ai moi-même été un percussionniste classique. Pour les américains, le jazz vient d’une direction complètement opposée.
En Live la musique sonne complètement différemment que sur l’album « Neighbourhood ». On a presque l’impression que tu refais l’éloge de la batterie.
C’est exact. En studio, j’ai volontairement placé la batterie en arrière du groupe, parce que j’ai voulu, sur mon premier album jazz, me placer au service des thèmes, que j’avais écrits. Si j’avais placé les fûts au premier plan, personne n’aurait entendu sur le CD, ce que j’ai voulu dire avec mes compositions. J’ai trouvé cela beaucoup plus palpitant de retirer quelque chose de mon propre jeu et de me concentrer davantage sur le jeu du saxo et de la trompette. C’est vrai que je peux jouer très fort. Si je veux je peux couvrir le son de tout un groupe avec ma batterie. Mais je trouve cela rapidement fatigant sur un disque, quand la batterie tape en permanence. Le live, c’est une autre histoire. C’est beaucoup plus simple de s’éclater à jouer. Si on prend un morceau, tel quel, et qu’on le joue sur une autre scène, on fait valoir des émotions complètement différentes. Quand j’enregistrerai mon deuxième album la batterie occupera dans la musique une place plus centrale. Je vais plus peindre, raconter et chanter avec les fûts.
As-tu des images à l’esprit quand tu écris ou que tu joues ?
Oui, dans un premier temps, je vois des couleurs. Beaucoup de couleurs mélangées les unes aux autres. Je ne peux pas décrire ces couleurs avec des mots, mais j’ai juste besoin de quelques tons, pour créer des mélanges infinis de ces couleurs. Il y a peut-être de nombreuses nuances de lilas et de rouge, quelques dégradés de bleu clair et vert clair. Les meilleurs disques sont pour moi ceux qui m’invitent au voyage. Comme un livre dans lequel je reçois toutes les informations sur les ambiances, les états d’esprit et les caractères, livrés par l’action immédiate. Dans la musique, ce n’est pas autrement. Elle fonctionne seulement s’il elle voyage avec ton intellect, ton esprit et ton imagination. (MAnu, là en allemand…c’est dur !!)
Comment as-tu insufflé de la vie à la musique Live ?
Au début, je voulais transmettre la même énergie en Live que sur l’album. Mais entre-temps, beaucoup de gens m’ont vu en live et ils ont pu entendre l’album sous un autre aspect. La communication avec les musiciens s’est à peine modifiée puisque tout est venu de moi. J’ai pris des décisions. Il y a en effet beaucoup de préjugés envers les batteurs de la part des critiques. Naturellement, je n’ai pas fait l’album, tel qu’il est, à l’égard des critiques, mais je sais aussi qu’un batteur qui compose ses morceaux sera toujours vu différemment par rapport à un compositeur saxophoniste. Par le simple fait qu’on ne joue pas d’un instrument mélodique. J’ai donc du «réfréner » mon côté batteur. Sur mon deuxième album je pourrais continuer qqch.
En Live , Trygve Seim a remplacé Jan Garbarek. L’entendrons nous sur le deuxième album ?
Oui.
J’ai l’impression que le contraste entre Tomasz et Trygve est fondamentalement plus prononcé q’entre Tomasz et Jan.
Il existe sans doute une différence, bien que comme on l’a déjà dit Trygve vient de la même École musicale que Jan. Mais de toute façon Jan est simplement Jan. Trygve vient d’une autre génération pour laquelle Jan a eu une véritable influence. Mais trygve est en train de suivre son propre chemin. Il correspond légèrement plus « organiquement » aux autres musiciens. Je trouve toujours intéressant de jouer avec Jan, car il a donné à ma musique tant de côtés étonnants, stupéfiants. Mais Trygve correspond plus à ma musique,c’est pourquoi il jouera sur mon deuxième album.
Est-ce que le groupe s’appellera toujours Neighbourhood sur tondeuxième album ?
La signification du terme « Neighbourhood » n’a pas changé pour moi, car les conditions sont restées complètement les mêmes. Quelle que soit la tendance qu’on prend, cela restera toujours une musique européenne. Je ne sais pas encore comment l’album s’intitulera, mais je considère tout à fait concevable qu’à l’avenir le groupe porte le nom « Neighbourhood ».
So-k'aime-bien-ce-ke-dit-l'boss
